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dater d’aujourd’hui, vous avez conquis votre indépendance. » Ce fut un des encouragements qui me touchèrent le plus, et l’un des premiers, car je n’osais rien lire à personne. — Peut-être que, s’il m’eût dit le contraire, je me fusse livré à l’instinct de paresse, si puissant sur l’homme, que la principale occupation des hommes qui sont au pouvoir est toujours de le combattre.

Ceci me remet en mémoire un homme d’esprit, mon cousin, le comte James de Montrivault. Je lui reprochais un jour qu’il fatiguait les soldats du régiment dont il était colonel et où j’étais capitaine. — Mon ami, me dit-il, il faut toujours exiger des hommes plus qu’ils ne peuvent faire, afin d’en avoir tout ce qu’ils peuvent faire. — C’était un bon principe militaire venant d’un bon officier.


Bossuet met par trop de simplicité dans les explications de chaque mot de l’Histoire universelle. On sent trop qu’il écrit pour un enfant. Il ne peut dire : Anachronisme, sans ajouter sur-le-champ : « Cette sorte d’erreur qui fait confondre le temps. »


Je n’ai jamais lu deux Harmonies ou Méditations de Lamartine sans sentir des larmes dans mes yeux. Quand