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J’aime l'humanité. J’ai pitié d’elle. La nature est pour moi une décoration dont la durée est insolente, et sur laquelle est jetée cette passagère et sublime marionnette appelée l’homme [1].
L’Angleterre a cela de bon qu’on y sent partout la main de l’homme.
Tant mieux. Partout ailleurs, la nature stupide nous insulte assez.

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L’indépendance fut toujours mon désir et la dépendance ma destinée.

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Le cœur a la forme d’une urne. C’est un vase sacré tout rempli de secrets.

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Le mot de la langue le plus difficile à prononcer et à placer convenablement, c’est moi.

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Notre littérature ne jette souvent que des cris de malade, comme Volupté, Dernières Paroles, etc., etc.

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  1. Le poëte devait développer plus tard cette idée en vers admirables dans le poëme des DESTINEES: La Maison du berger. (L. R)