Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/388

Cette page n’a pas encore été corrigée

parti en les démontant ; il courait aussi les ventes, et c’est là qu’il avait fait la connaissance de Fraumont, qui s’y rendait fort assidûment pour acheter principalement des chasubles et autres ornements provenant du pillage des églises (1793), qu’il brûlait pour extraire le métal des galons. De l’habitude de se voir et de se trouver en concurrence pour quelques opérations, naquit entre ces deux hommes une sorte de liaison qui devint bientôt intime. Deslong n’avait plus rien de caché pour Fraumont ; il le consultait sur toutes ses entreprises, l’informait de la valeur de tous les dépôts qu’il recevait, et alla même jusqu’à lui confier le secret d’une cachette où il plaçait ses objets les plus précieux.

Instruit de toutes ces particularités, et ayant ses entrées libres chez Deslong, Fraumont conçut le projet de le voler pendant qu’il serait avec sa femme au spectacle, où ils allaient souvent. Il fallait également un complice pour faire le guet ; il était d’ailleurs dangereux pour Fraumont, que le jour de l’expédition on le vît dans la maison, où tout le monde le connaissait. Il avait d’abord choisi un serrurier, forçat évadé, qui avait fait les fausses clefs nécessaires pour entrer chez