Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/391

Cette page n’a pas encore été corrigée


LE PYRRHONISME ET LA NOUVELLE ACADÉMIE. 381

��CHAPITRE IV.

LE PYRRHONISME ET LA NOUVELLE ACADEMIE.

��Qu'il y ait entre ie scepticisme et la nouvelle Académie des analogies suffisantes pour que Thistorien soit autorisé à réunir sous un même titre l'étude de ces deux écoles, c'est ce qui ne saurait être contesté. Mais jusqu'où vont ces analogies ? Y a*t-il aussi des différences notables, ou bien, à aller au fond des choses, est-ce la même doctrine que, sous des noms différents, les deux écoles ont défendue? C'est une question que les Grecs, au témoignage d'Aulu-Gelle ^^\ avaient souvent agitée , et qui les divisait. Les historiens modernes sont aussi partagés. Gomme les sceptiques de Técole d'y£nésidème ont fait de grands efforts pour se distinguer de ceux qu'ils regardaient comme des rivaux , nous devrons , avant d'essayer à notre tour de résoudre la ques* tion , indiquer les raisons qu'ils ont invoquées.

L On a vu plus haut^^^ que, d'après le résumé de Photius, iEnésidème , au début de son livre , énumérait avec complaisance les différences qui séparent les deux écoles. Les nouveaux acadé- miciens sont dogmatistes ; ils affirment certaines choses comme indubitables, ils en nient d'autres sans réserve. Le sceptique n'affirme et ne nie rien : il ne dit pas que rien ne soit compré- hensible; il en doute. Pour lui, rien n'est vrai, ni faux, vrai- semblable, ni invraisemblable.

En outre, les nouveaux académiciens se contredisent sans s'en apercevoir. Ils distinguent le vraisemblable et l'invraisem- blable, le bien et le mal. Mais de deux choses l'une : ou on

f») JV. A., XI, 5. t» P. aû8.

�� �