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LE SCEPTICISME. — PARTIE DESTRUCTIVE. 331

��CHAPITRE IL

LE SCEPTICISME EHPIRIQUK - PARTIE DESTRUCTIVE.

��Dans le scepticisme empirique, tel qne l'expose Sextas, il y a lieu , selon nous, de dSstingaer deux parties que Sextus confond, mais qui sont loin d'être identiques : la légitimité de la distinc- tion que nous proposons se justifiera d'eHe-4néme , croyons-nous , par l'exposition des différentes thèses du scepticisme empirique. Les sceptiques sont d'abord des philosophes : ils s'attachent à ruiner le dogmatisme sous toutes ses formes : c'est la partie des- tructiYe de leur œuvre, celle à laquelle ils paraissent avoir atta- ché le plus d'importance. Mais ils sont en même temps des mé- decins : il faut qu'ils justifient la science ou plutôt l'art qu'ils cultivent. De là un certain nombre de thèses positives, qu'ils laissaient volontiers au second plan , mais qui sont pour nous du plus haut intérêt, et qu'on peut considérer comme la partie con- structive de leur système. En un mot, dans le scepticisme empi- rique, il convient de distinguer le scepticisme et l'empirisme.

L'exposition du scepticisme proprement dit comprend elle- même deux subdivisions. La première définit le scepticisme, formule ses principes et ses arguments, explique les termes dont il se sert. La seconde prend l'offensive contre le dogmatisme : passant en revue les trois parties de la philosophie, elle expose impartialement le pour et le contre sur chaque question , et con- clut à l'impossibilité de rien savoir. Nous résumerons les deux parties de l'œuvre de Sextus en usant librement de ses trois ou- vrages. Il serait impossible de parler de tous les arguments que l'infatigable sceptique accumule : nous choisirons les principaux, non les meilleurs, mais ceux qui nous paraîtront les plus propres à donner une idée exacte de l'argumentation, et à reproduire.

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