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LES SUCCESSEURS D^iENÉSlDÈME. — AGRIPPA. 899

��CHAPITRE VI.

LES SUCCESSEURS D'iENÉSIDÈME. - AGRIPPA.

��Nous n'avons sur iEnésidème que des clartés insuffisantes : après lui, la nuit est complète. Nous connaissons les noms de ses successeurs immédiats, Zeuxippe, Zeuxis et Antiochus de Lao- dicée. On a vu ci-dessus ^^^ le peu que nous savons sur ces phi- losophes. Il est probable quiis continuèrent l'œuvre d'^Ënésidème dans le même esprit, et en suivant la même direction. Outre les trois grandes questions qu'il a traitées d'une manière si originale, nous savons par le résumé de Photius qu'^nésidème avait appli- qué sa subtile dialectique à d'autres sujets, au mouvement, à la génération et à la destruction. On peut conjecturer que ses argu* ments furent repris, développés, affinés de toute façon par ses continuateurs. C'est ainsi par le travail curieux et patient de plu- sieurs générations de penseurs que la critique sceptique , gardant de toutes ces recherches ce qu'elle trouvait de meilleur, rejetant le reste, prit cette ampleur et acquit cette richesse, cette profu- sion accablante d'arguments variés sur tous les sujets , que nous lui voyons au temps de Sextus Empiricus. Mais nous ne savons rien des ouvriers anonymes de ce long travail : il y a chez Sextus comme un parti pris de silence à l'égard de ces obscurs philo- sophes qui concourent sans gloire k l'œuvre commune ; il faut renoncer à essayer de leur rendre justice. C'est seulement quand nous arriverons à Sextus qu'il sera possible de jeter un coup d'œil d'ensemble sur cette œuvre de longue patience : elle émerge alors des ténèbres de l'histoire , à peu près comme on voit les bancs de coraux, après de longs siècles, affleurer à la surface de l'océan.

'D P. 936 et suiv.

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