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LIVRE II.
LA NOUVELLE ACADÉMIE.

CHAPITRE PREMIER.
LES ORIGINES DE LA NOUVELLE ACADÉMIE.


Les doctrines de la nouvelle Académie présentent tant de ressemblance avec celles que la tradition la plus accréditée attribue à Pyrrhon, qu’on est naturellement tenté de considérer l’école d’Arcésilas comme une simple continuation de celle de Pyrrhon. Aussi voyons-nous que déjà, chez les anciens, plusieurs auteurs inclinaient vers cette opinion ; il est vrai que d’autres la combattaient. « C’est, dit Aulu-Gelle[1], une question ancienne fort controversée parmi les écrivains grecs que celle de savoir s’il y a une différence entre la nouvelle Académie et le pyrrhonisme. »

Nous ne nous proposons pas de rechercher à présent si, à aller au fond des choses, le probabilisme de la nouvelle Académie ne se confond pas avec le scepticisme. Pour examiner utilement cette question, il faut d’abord connaître les doctrines de la nouvelle Académie ; la comparaison avec le scepticisme trouvera naturellement sa place à la fin du présent ouvrage.

Mais, en dehors de la question des rapports logiques des deux doctrines, il y en a une autre dont il convient de parler dès maintenant. Historiquement, la nouvelle Académie se rattache-t-elle, par un lien de filiation qu’on puisse retrouver, au pyrrhonisme ? A-t-elle, au contraire, une origine distincte et

  1. Noct. att., XI, 5.