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ai fait mon profit, et j’espère bien en profiter encore, quand je mettrai la dernière main à ces ouvrages. Mais au bout de vingt-sept jours, mon ami disparut comme un éclair à mes yeux ; son départ me laissa dans une profonde tristesse, et j’ignore comment je l’eusse supportée, si mon incomparable compagne n’eût été là pour me consoler de toutes les privations. Je guéris au mois d’octobre, et retournai aussitôt à mes comédies, que je terminai avant le 8 décembre. Il ne me reste plus qu’à les laisser mûrir et à les revoir.



CHAPITRE XXXI.

Mon intention sur toute cette partie de mes œuvres inédites. — Las, épuisé, je renonce à toute entreprise nouvelle. — Plus propre désormais à défaire qu’à faire, je sors volontairement de la quatrième époque de ma vie, et à l’âge de cinquante-cinq ans et demi, je me constitue vieux, après vingt-huit ans passés presque tout entiers à inventer, à vérifier, à traduire, a étudier. — Vain, comme un écolier, d’avoir à peu près surmonté la difficulté du grec, je crée un ordre nouveau, et je m’arme chevalier d’Homère, de ma propre main.



1792. Je suis arrivé, si je ne me trompe, au terme 1803. de ces longs et ennuyeux bavardages. Mais que j’aie bien ou mal accompli toutes les choses" dont il a été parlé ci dessus, j’avais besoin de les dire; si l’on trouve que j’aie passé les bornes en racontant, la cause en est dans l’excessive fécondité de ma plume. Maintenant les deux maladies que j’ai