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peu importantes, à dire vrai, et qui toutes ensemble ne peuvent pas constituer ce qu’on appelle le style, mais seulement quelques-unes de ses parties. Mais ce qui constitue surtout, sinon uniquement, le vrai défaut d’un style, et ce que je ne pouvais alors bien discerner par moi-même, Parini ni Cesarotti n’ont jamais pu ou voulu me l’apprendre, ni eux, ni aucun des hommes de mérite que je visitai et que j’interrogeai avec la ferveur et l’humilité d’un novice, pendant ce voyage en Lombardie. Et après bien des années de travail et d’incertitude, il me fallut trouver moi-même en quoi je me trompais, et moi-même essayer de le corriger. En somme, au-delà des Apennins mes tragédies avaient eu plus de succès qu’en Toscane ; le style même y avait rencontré des censeurs moins acharnés et un peu plus éclairés. La même chose était arrivée à Rome et à Naples, auprès du petit nombre de ceux qui avaient daigné me lire. C’est donc un vieux privilège qui n’appartient qu’à la Toscane, que celui d’encourager ainsi les écrivains de l’Italie, lorsqu’ils n’écrivent pas en style académique.





CHAPITRE XI.

J’imprime encore six autres tragédies. — Diverses critiques adressées aux quatre premières. — Réponse à la lettre de Calsabigi.


Dans les premiers jours du mois d’août, je partis de Milan et je retournai en Toscane. J’y allai par