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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/433

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Mais, avec ce danger d’être précipité dans l’abîme, s’en présentait un autre non moins terrible ; car ce glaçon, courant à l’aventure, était chargé d’ours blancs, serrés les uns contre les autres, et fous de terreur.

« Des ours ! des ours ! » s’écria Bell d’une voix étranglée.

Et chacun, terrifié, vit ce qu’il voyait.


'The Field of Ice' by Riou and Montaut 111.jpg


Le glaçon faisait d’effrayantes embardées ; quelquefois il s’inclinait sous des angles si aigus, que les animaux roulaient pêle-mêle les uns sur les autres. Alors ils poussaient des grognements qui luttaient avec les fracas de la tempête, et un formidable concert s’échappait de cette ménagerie flottante.

Que ce radeau de glace vînt à culbuter, et les ours, se précipitant vers l’embarcation, en eussent tenté l’abordage.