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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/343

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— Oh ! il saurait bien nous tirer d’affaire !

— Et comment ? demanda l’Américain avec humeur.

— Si je le savais, répondit Johnson, je n’aurais pas besoin de lui. Cependant, je devine bien quel conseil il nous donnerait en ce moment !

— Lequel ?

— Celui de prendre quelque nourriture ! cela ne peut pas nous faire de mal. Au contraire. Qu’en pensez-vous, monsieur Altamont ?

— Mangeons si cela vous fait plaisir, répondit ce dernier, quoique la situation soit bien sotte, pour ne pas dire humiliante.

— Je gage, dit Johnson, qu’après dîner, nous trouverons un moyen quelconque de sortir de là. »

On ne répondit pas au maître d’équipage, mais on se mit à table.

'The Field of Ice' by Riou and Montaut 051.jpg

Johnson, élevé à l’école du docteur, essaya d’être philosophe dans le danger, mais il n’y réussit guère ; ses plaisanteries lui restaient dans la gorge. D’ailleurs, les prisonniers commençaient à se sentir mal à leur aise ; l’air s’épaississait dans cette demeure hermétiquement fermée ; l’atmosphère ne pouvait se refaire à travers le tuyau des fourneaux qui tiraient mal, et il était facile de prévoir que, dans un temps fort limité, le feu viendrait à s’éteindre ; l’oxygène, absorbé par les poumons et le foyer, ferait bientôt place à l’acide carbonique, dont on connaît l’influence mortelle.

Hatteras s’aperçut le premier de ce nouveau danger ; il ne voulut point le cacher à ses compagnons.

« Alors, il faut sortir à tout prix ! répondit Altamont.

— Oui ! reprit Hatteras ; mais attendons la nuit ; nous ferons un trou à la