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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/257

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« Au nord ?

— Oui ! fit l’infortuné.

— Et vous savez sa position ?

— Oui !

— Exacte ?

— Oui ! » dit encore Altamont.

Il se fit un moment de silence. Les spectateurs de cette scène imprévue étaient palpitants.

« Écoutez bien, dit enfin Hatteras au malade ; il nous faut connaître la situation de ce navire ! Je vais compter les degrés à voix haute, vous m’arrêterez par un signe. »

L’Américain remua la tête en signe d’acquiescement.

« Voyons, dit Hatteras, il s’agit des degrés de longitude. — Cent cinq ? Non. — Cent six ? Cent sept ? Cent huit ? — C’est bien à l’ouest ?

— Oui, fit l’Américain.

— Continuons. — Cent neuf ? Cent dix ? Cent douze ? Cent quatorze ? Cent seize ? Cent dix-huit ? Cent dix-neuf ? Cent vingt… ?

— Oui, répondit Altamont.

— Cent vingt degrés de longitude ? fit Hatteras. — Et combien de minutes ? Je compte… »

Hatteras commença au numéro un. Au nombre quinze, Altamont lui fit signe de s’arrêter.

« Bon ! dit Hatteras. — Passons à la latitude. Vous m’entendez ? — Quatre-vingts ? Quatre-vingt-un ? Quatre-vingt-deux ? Quatre-vingt-trois ? »

L’Américain l’arrêta du geste.

« Bien ! — Et les minutes ? Cinq ? Dix ? Quinze ? Vingt ? Vingt-cinq ? Trente ? Trente-cinq ? »

Nouveau signe d’Altamont, qui sourit faiblement.

« Ainsi, reprit Hatteras d’une voix grave, le Porpoise se trouve par cent vingt degrés et quinze minutes de longitude, et quatre-vingt-trois degrés et trente-cinq minutes de latitude ?

— Oui ! » fit une dernière fois l’Américain en retombant sans mouvement dans les bras du docteur ?

Cet effort l’avait brisé.

« Mes amis, s’écria Hatteras, vous voyez bien que le salut est au nord, toujours au nord ! Nous serons sauvés ! »

Mais, après ces premières paroles de joie, Hatteras parut subitement frappé