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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/240

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« Mon navire ! mon navire ! demanda-t-il d’une voix altérée.

— Vous ! capitaine ! répondit Johnson, vous ! arrêtez ! pas un pas de plus !

— Eh bien ? demanda Hatteras avec un terrible accent de menace.

— Les misérables ! répondit Johnson ; partis depuis quarante-huit heures, après avoir incendié le navire !

— Malédiction ! » s’écria Hatteras.

Alors une explosion formidable se produisit ; la terre trembla ; les ice-bergs se couchèrent sur le champ de glace ; une colonne de fumée alla s’enrouler dans les nuages, et le Forward, éclatant sous l’effort de sa poudrière enflammée, se perdit dans un abîme de feu.

Le docteur et Bell arrivaient en ce moment auprès d’Hatteras. Celui-ci, abîmé dans son désespoir, se releva tout d’un coup.

« Mes amis, dit-il d’une voix énergique, les lâches ont pris la fuite ! Les forts réussiront ! Johnson, Bell, vous avez le courage ; docteur, vous avez la science ; moi, j’ai la foi ! le pôle Nord est là-bas ! à l’œuvre donc, à l’œuvre ! »

Les compagnons d’Hatteras se sentirent renaître à ces mâles paroles.

Et cependant, la situation était terrible pour ces quatre hommes et ce mourant, abandonnés sans ressource, perdus, seuls, sous le quatre-vingtième degré de latitude, au plus profond des régions polaires !

FIN
DE LA PREMIÈRE PARTIE