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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/227

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CHAPITRE XXXI. — LA MORT DE SIMPSON.


Le voyage fut repris ; l’esprit de chacun s’emplissait d’idées nouvelles et inattendues, car une rencontre dans ces terres boréales est l’événement le plus grave qui puisse se produire. Hatteras fronçait le sourcil avec inquiétude.

« Le Porpoise ! se demandait-il ; qu’est-ce que ce navire ? Et que vient-il faire si près du pôle ? »

'The English at the Noth Pole' by Riou and Montaut 126.jpg

À cette pensée, un frisson le prenait en dépit de la température. Le docteur et Bell, eux, ne songeaient qu’aux deux résultats que pouvait amener la découverte de ce document : sauver leurs semblables ou être sauvés par eux.

Mais les difficultés, les obstacles, les fatigues revinrent bientôt, et ils ne durent songer qu’à leur propre situation, si dangereuse alors.

L’état de Simpson empirait ; les symptômes d’une mort prochaine ne purent être méconnus par le docteur. Celui-ci n’y pouvait rien ; il souffrait cruellement lui-même d’une ophtalmie douloureuse qui pouvait aller jusqu’à la cécité, s’il n’y prenait garde. Le crépuscule donnait alors une quantité suffisante de lumière, et cette lumière, réfléchie par les neiges, brûlait les yeux ; il était difficile de se protéger contre cette réflexion, car les verres des lunettes, se revêtant d’une croûte glacée, devenaient opaques et interceptaient la vue. Or, il fallait veiller avec soin aux moindres accidents de la route et les relever du plus loin