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Page:Verne - Voyages et aventures du capitaine Hatteras.djvu/11

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AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR



Les excellents livres de M. Jules Verne sont du petit nombre de ceux qu’on peut offrir avec confiance aux générations nouvelles. Il n’en est pas, parmi les productions contemporaines, qui répondent mieux au besoin généreux qui pousse la société moderne à connaître enfin les merveilles de cet univers où s’agitent ses destinées. Il n’en est pas qui aient mieux justifié le rapide succès qui les a accueillis dès leur apparition.

Si le caprice du public peut s’égarer un instant sur une œuvre tapageuse et malsaine, son goût ne s’est jamais fixé en revanche d’une façon durable que sur ce qui est fondamentalement sain et bon. Ce qui a fait la double fortune des œuvres de M. Jules Verne, c’est que la lecture de ses livres charmants a tout à la fois les qualités d’un aliment substantiel et la saveur des mets les plus piquants.

Les critiques les plus autorisés ont salué dans M. Jules Verne un écrivain d’un tempérament exceptionnel, auquel, dès ses débuts, il n’était que juste d’assigner une place à part dans les lettres françaises. Conteur plein d’imagination et de feu, écrivain original et pur, esprit vif et prompt, égal aux plus habiles dans l’art de nouer et de dénouer les drames inattendus qui donnent un si puissant intérêt à ses hardies conceptions, et à côté de cela profondément instruit, il a créé un genre nouveau. Ce qu’on promet si souvent, ce qu’on donne si rarement, l’instruction qui amuse, l’amusement qui instruit, M. Verne le prodigue sans compter dans chacune des pages de ses émouvants récits.

Les Romans de M. Jules Verne sont d’ailleurs arrivés à leur point. Quand on voit le public empressé courir aux conférences qui se sont ouvertes sur mille