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Page:Verne - Voyage au centre de la Terre.djvu/110

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des voûtes. À de certains endroits, cette disposition faisait place à de basses substructions qui ressemblaient aux ouvrages des castors, et nous nous glissions en rampant à travers d’étroits boyaux.

La chaleur se maintenait à un degré supportable. Involontairement je songeais à son intensité, quand les laves vomies par le Sneffels se précipitaient par cette route si tranquille aujourd’hui. Je m’imaginais les torrents de feu brisés aux angles de la galerie et l’accumulation des vapeurs surchauffées dans cet étroit milieu !

« Pourvu, pensai-je, que le vieux volcan ne vienne pas à se reprendre d’une fantaisie tardive ! »

Ces réflexions, je ne les communiquai point à l’oncle Lidenbrock ; il ne les eût pas comprises. Son unique pensée était d’aller en avant. Il marchait, il glissait, il dégringolait même, avec une conviction qu’après tout il valait mieux admirer.

À six heures du soir, après une promenade peu fatigante, nous avions gagné deux lieues dans le sud, mais à peine un quart de mille en profondeur.

Mon oncle donna le signal du repos. On mangea sans trop causer, et l’on s’endormit sans trop réfléchir.

Nos dispositions pour la nuit étaient fort simples : une couverture de voyage dans laquelle on se roulait, composait toute la literie. Nous n’avions à redouter ni froid, ni visite importune. Les voyageurs qui s’enfoncent au milieu des déserts de l’Afrique, au sein des forêts du nouveau monde, sont forcés de se veiller les uns sur les autres pendant les heures du sommeil. Mais ici, solitude absolue et sécurité complète. Sauvages ou bêtes féroces, aucune de ces races malfaisantes n’était à craindre.

On se réveilla le lendemain frais et dispos. La route fut reprise. Nous suivions un chemin de lave comme la veille. Impossible de reconnaître la nature des terrains qu’il traversait. Le tunnel, au lieu de s’enfoncer dans les entrailles du globe, tendait à devenir absolument horizontal. Je crus remarquer même qu’il remontait vers la surface de la terre. Cette disposition devint si manifeste vers dix heures du matin, et par suite si fatigante, que je fus forcé de modérer notre marche.

« Eh bien, Axel ? dit impatiemment le professeur.

— Eh bien, je n’en peux plus, répondis-je.

— Quoi ! après trois heures de promenade sur une route si facile !

— Facile, je ne dis pas non, mais fatigante à coup sûr.

— Comment ! quand nous n’avons qu’à descendre !