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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/63

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en malle-poste.

cinq cents roubles par an, que les deux frères doivent augmenter le jour du mariage. Quant à Zénaïde, elle en gagne autant. Nous voilà donc riches… riches à notre façon, s’entend !… Bien sûr, nous ne possédons pas le quart de ce que j’ai là dans mon portefeuille… »

Poch s’arrêta en jetant un regard méfiant sur son compagnon de route, toujours immobile et qui semblait dormir. Peut-être en avait-il trop dit là-dessus… Et, reprenant :

« Oui, Broks, riches à notre façon ! Aussi, avec nos économies, je pense que Zénaïde fera bien d’acheter un petit fonds d’épicerie !… Il y en a un à vendre près du port…

— Et je te promets une belle clientèle, ami Poch ! s’écria le conducteur.

— Merci, Broks, merci d’avance ! Tu me devras bien cela pour le festin où je te garde une place.

— Laquelle ?…

— Pas loin de la mariée ! Et tu verras comme Zénaïde sera encore belle dans sa robe de noce, la couronne de myrte sur la tête et avec le collier que lui donne Mme Johausen.

— Je te crois, Poch, je te crois !… Une si bonne femme ne peut être qu’une belle femme… À quand la cérémonie ?…

— Dans quatre jours, Broks, le 16 du courant… Et voilà pourquoi je te dis : Presse les iemschicks !… Je ne leur marchanderai pas les petits verres !… Mais qu’ils ne laissent point les chevaux s’endormir entre les brancards !… C’est un fiancé que ta malle emporte, et il ne faut pas qu’il vieillisse trop pendant le voyage !

— Oui ! Zénaïde ne voudrait plus de toi !… répondit en riant le joyeux conducteur.

— Ah ! Peux-tu dire !… J’aurais vingt ans de plus, qu’elle me voudrait encore ! »

Il s’ensuit que, sous le bénéfice des confidences que le garçon de banque venait de faire à son ami Broks, les relais, arrosés