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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/62

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un drame en livonie.

— Il me connaît ?…

— Et la mariée aussi !

— Alors, répliqua Broks, j’accepte, même sans savoir quels sont les futurs époux…

— Je vais te l’apprendre.

— Avant que tu me le dises, Poch, laisse-moi te répondre que ce sont de braves gens !

— Certes… de braves gens, puisque c’est moi qui suis le marié !

— Toi, Poch !

— Moi-même, et que la mariée, c’est cette aimable Zénaïde Parensof.

— Ah ! l’excellente créature !… Vrai, je ne m’attendais pas à cela…

— Tu t’en étonnes ?…

— Non, et vous ferez un bon ménage, bien que tu aies cinquante ans sonnés, Poch…

— Et que Zénaïde en ait quarante-cinq, Broks. Que veux-tu, nous aurons été heureux moins longtemps, voilà tout ! Ah ! mon camarade, si on s’aime quand on veut, on ne doit se marier que lorsque c’est possible. J’avais vingt-cinq ans quand cela m’a pris, et Zénaïde en avait vingt. Mais, à nous deux, nous ne possédions pas cent roubles ! Attendre, c’était sage. Lorsque, de mon côté, j’aurais entassé une belle petite somme, et elle, du sien, une dot approchant, il était convenu que nous marierions nos économies… Et, aujourd’hui, l’argent est au fond de la sacoche ! Est-ce que, dans notre Livonie, ça ne se passe pas le plus souvent ainsi pour les pauvres gens ?… D’ailleurs, pour s’être espérés pendant des années et des années, on ne s’en aime que davantage, et on n’a pas à s’inquiéter de l’avenir.

— Tu as raison, Poch.

— Moi, j’ai déjà une bonne place dans la maison Johausen,