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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/249

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coups sur coups.

pauvres cœurs, si unis, se révoltaient à cette pensée, et pourtant les derniers mots prononcés par Nicolef : « Je suis perdu !… je suis perdu !… » n’était-ce pas comme un aveu qui était sorti de sa bouche ?…

La nuit était déjà venue. On avait vu Nicolef remonter le faubourg. Wladimir, Jean et Ilka, courant dans cette direction, atteignirent l’ancienne enceinte de la ville. La campagne tout obscure s’étendait devant eux. Ils prirent la route de Pernau, s’abandonnant pour ainsi dire à l’instinct qui les poussait de ce côté.

À deux cents pas de là, tous trois s’arrêtèrent devant un corps étendu sur l’accotement de la route.

C’était Dimitri Nicolef.

Près de lui gisait un couteau sanglant…

Ilka et Jean se jetèrent sur le corps de leur père, tandis que Wladimir allait chercher du secours à la maison la plus rapprochée.

Des paysans vinrent avec une civière, et Nicolef fut rapporté à sa maison, où le docteur Hamine, immédiatement appelé, ne put que constater à quelle cause était due la mort.

Dimitri Nicolef s’était frappé et comme avait été frappé Poch, — un coup au cœur, et le couteau avait laissé autour de la blessure une empreinte semblable à celle que portait le cadavre du garçon de banque.

Le misérable, se sentant perdu, s’était suicidé pour échapper au châtiment de son crime !