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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/235

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XIV

coups sur coups.


Il est de toute évidence que l’affaire se limitait maintenant au cabaretier Kroff et au professeur Dimitri Nicolef. Le fragment de billet ramassé au coin de l’âtre écartait toute idée que le crime eût été commis par un de ces malfaiteurs dont la police signalait la présence en cette partie de la province livonienne. Après l’assassinat, comment un de ces rôdeurs eût-il pu, sans être surpris, s’introduire dans la chambre du voyageur, y déposer le tisonnier, en admettant que cet ustensile eût servi à forcer le volet de la fenêtre, et jeter dans la cheminée ce billet, brûlé moins l’angle recueilli sous les cendres ?… Comment Dimitri Nicolef, d’une part, Kroff, de l’autre, n’auraient-ils rien entendu, si profond qu’eût été leur sommeil ?… Et comment, enfin, l’assassin aurait-il pu avoir la pensée de faire retomber la responsabilité du crime sur ce voyageur ?… Le meurtre et le vol accomplis, il se fût enfui au plus vite, et, le jour venu, il eût été loin du kabak de la Croix-Rompue.

Cela était le bon sens même. L’instruction devait donc se restreindre à ces deux hommes, de situation sociale si différente, et se prononcer entre eux.

Et cependant, ce qui ne laissa pas d’étonner les esprits les plus calmes, après cette dernière perquisition faite à l’auberge, il n’y eut mandat d’arrestation ni contre l’un ni contre l’autre.

On l’imagine sans peine, à la suite de ces nouvelles constatations,