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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/231

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deuxième perquisition.

ironique et dédaigneux. Comment, monsieur le juge, je n’en ai pas fini avec les soupçons, et les déclarations de Wladimir Yanof ne m’ont pas définitivement justifié ? »

M. Kerstorf évita de répondre. Il regardait avec une extrême attention Nicolef, ce malheureux dont la physionomie maladive attestait qu’il n’était pas encore remis de l’ébranlement moral dû à cette succession d’épreuves.

Et, paraît-il, elles n’avaient pas atteint leur terme, puisque d’autres présomptions s’élevaient contre lui.

Dimitri Nicolef avait passé la main sur son front et il dit :

« Ainsi ce fragment de billet de banque a été ramassé dans l’âtre de la chambre où j’ai passé la nuit ?…

— Oui, monsieur Nicolef.

— Et cette chambre avait été fermée après la première descente de justice ?…

— Fermée à clef, et il est certain que la porte n’en a point été ouverte…

— Ainsi personne n’a pu s’introduire dans cette chambre ?…

— Personne. »

Il convenait sans doute au magistrat, renversant les rôles, de se laisser interroger.

« Ce billet était taché de sang, reprit Nicolef, après l’avoir examiné, puis il a été brûlé incomplètement, et on l’a retrouvé dans les cendres ?…

— On l’y a retrouvé…

— Alors comment se fait-il qu’il ait échappé aux recherches lors de la première perquisition ?…

— Je ne l’explique pas, et je m’en étonne, car il était certainement à cette place, puisque personne n’a pu l’y mettre depuis…

— Je ne suis pas moins étonné que vous, répondit non sans quelque ironie Dimitri Nicolef. Je ne devrais pas dire étonné,