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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/230

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un drame en livonie.

— Quelque témoignage nouveau que l’on attend de toi, mon père… dit la jeune fille.

— Voulez-vous que je vous accompagne ?… demanda Wladimir.

— Non… je te remercie, Wladimir. »

Le professeur sortit et, marchant d’un pas assez rapide, un quart d’heure après, il entrait dans le cabinet de M. Kerstorf.

Le magistrat et son greffier étaient seuls en ce moment. À la suite d’une entrevue avec le gouverneur et le colonel Raguenof, il avait été décidé que le professeur serait soumis à un second interrogatoire, son arrestation étant abandonnée à la seule conscience du magistrat.

M. Kerstorf invita Nicolef à s’asseoir, et, d’une voix où se sentait une certaine émotion :

« Monsieur Nicolef, dit-il, hier une deuxième perquisition a été faite et sous mes yeux à l’auberge de la Croix-Rompue… Les agents ont minutieusement visité la maison entière sans qu’il en soit résulté aucune autre constatation… Mais, dans la chambre que vous avez occupée pendant la nuit du 13 au 14 avril, voici ce qu’on a trouvé… »

Et il présenta au professeur le morceau d’angle du billet d’État.

« Qu’est-ce que ce bout de papier ?… demanda Dimitri Nicolef.

— C’est ce qui reste d’un billet de banque qui avait été brûlé et jeté dans les cendres de l’âtre…

— Un des billets de banque qui ont été volés dans le portefeuille de Poch ?…

— C’est tout au moins vraisemblable, répondit le magistrat, et vous ne serez pas surpris, monsieur Nicolef, si cela semble constituer une charge contre vous…

— Contre moi ?… répliqua le professeur en reprenant son ton