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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/228

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un drame en livonie.

En outre, ce morceau de papier était souillé de sang.

Nul doute, c’étaient les mains du meurtrier qui avaient taché ce billet, c’était lui qui l’avait brûlé, parce qu’il était ensanglanté ! Et, ce billet, d’où pouvait-il provenir, si ce n’est du portefeuille de Poch ?…

Mais de cette incinération incomplète il restait un témoignage accablant !

Une hésitation était-elle permise à cette heure ?… Comment admettre que le crime eût été commis par un malfaiteur du dehors ?… L’assassin n’était-il pas manifestement le voyageur qui occupait cette chambre, qui y était rentré par la fenêtre après le crime, qui en était ressorti à quatre heures du matin ?…

Le major et le brigadier se regardèrent en hommes dont la conviction est depuis longtemps faite. Mais, M. Kerstorf se taisant, ils gardèrent le silence.

Kroff, lui, ne put se contenir.

« Que vous avais-je dit, monsieur le juge, s’écria-t-il, et avez-vous maintenant des doutes sur mon innocence ?…

M. Kerstorf mit le morceau de billet dans son calepin, comme pièce à conviction, et se contenta de répondre :

« Notre perquisition est maintenant terminée, Messieurs… Sortons et partons à l’instant. »

Un quart d’heure après, la voiture roulait sur le chemin de Riga, tandis que les agents de police restaient en surveillance au kabak de la Croix-Rompue.

Le lendemain, dès la première heure, M. Frank Johausen fut instruit du résultat de l’enquête. Le numéro du billet brûlé ayant disparu, on ne pouvait vérifier si ce billet était l’un de ceux dont on avait conservé les numérotages à la maison de banque. Mais, appartenant évidemment à la série de ceux qui avaient été remis à Poch, nul doute qu’il eût été volé dans son portefeuille.

Cette nouvelle s’ébruita rapidement. Tout d’abord les amis de