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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/226

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un drame en livonie.

— Enfin, Monsieur Kerstorf, vous voyez que nous n’avons rien trouvé de compromettant…

— Rien, en effet, jusqu’ici. Il est vrai, notre perquisition n’est pas achevée. – Vous avez les clefs des deux chambres, major ?…

— Oui, Monsieur Kerstorf. »

En effet, elles avaient été déposées au bureau de police, et le major Verder les tira de sa poche.

La porte de la chambre où le garçon de banque avait été frappé fut ouverte.

Cette chambre se trouvait dans l’état où les agents l’avaient laissée après la première descente de justice. Il fut facile de le constater dès que les contrevents eurent été repoussés en dehors. Le lit était défait, l’oreiller taché de sang, le plancher rougi d’une mare séchée qui s’étendait jusqu’à la porte. Aucun nouvel indice ne put être relevé. Le meurtrier, quel qu’il fût, n’avait pas laissé de trace de son passage.

Les contrevents refermés, M. Kerstorf, le major, le brigadier, Kroff et ses hommes rentrèrent dans la grande salle.

« Visitons la seconde chambre », dit le juge.

Tout d’abord, la porte fut examinée. Elle ne portait aucune trace extérieure.

D’ailleurs, les agents logés au kabak pouvaient affirmer que personne n’avait tenté de l’ouvrir ! Ni l’un ni l’autre n’avaient quitté la maison depuis dix jours.

La chambre était plongée dans une profonde obscurité.

Le brigadier Eck se dirigea vers la fenêtre, l’ouvrit toute grande, fit basculer la barre des contrevents, les rabattit sur le mur, et l’on put opérer en pleine lumière.

Aucun changement depuis la dernière perquisition. Au fond, le lit où avait couché Dimitri Nicolef. Près du lit, vers la tête, une grossière table qui supportait le chandelier de fer avec sa résine à demi consumée. Une chaise de paille dans un coin, un escabeau