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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/224

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un drame en livonie.

— Nous verrons, répondit M. Kerstorf. Commençons…

— Par la chambre du voyageur dont vous avez la clef ? dit l’aubergiste.

— Non, répondit le magistrat.

— Votre intention est-elle de visiter la maison entière ?… demanda le major Verder.

— Oui, major.

— Je crois, Monsieur Kerstorf, que, s’il reste quelque nouvel indice à trouver, ce sera plutôt dans la chambre qu’a occupée Dimitri Nicolef. »

Et cette observation prouvait bien que le major ne mettait pas en doute la culpabilité du professeur, par suite, la parfaite innocence du cabaretier. Rien n’avait pu modifier son opinion appuyée sur les faits : l’assassin, c’était le voyageur, et le voyageur, c’était Dimitri Nicolef, il ne sortait pas de là.

« Conduisez-nous », ordonna le juge au cabaretier.

Et Kroff obéit avec un empressement qui témoignait en sa faveur.

L’annexe sur le jardin et les appentis furent une seconde fois visités par les agents sous la direction du brigadier Eck, en présence du juge et du major.

Puis on explora le jardin avec un soin minutieux, au pied de chaque arbre, le long de la haie vive, les carrés où végétaient de rares légumes. Peut-être Kroff aurait-il enterré quelque part le produit du vol, s’il l’avait commis, c’est bien ce qu’il eût été important d’établir.

Les recherches furent inutiles.

En fait d’argent, l’armoire du cabaretier ne renfermait qu’une centaine de billets de vingt-cinq, dix, cinq, trois et un roubles, c’est-à-dire d’une valeur inférieure à ceux que contenait le portefeuille du garçon de banque.

Et alors, le major Verder, prenant le juge à part, lui dit :