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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/219

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XIII

deuxième perquisition.


La grâce de Wladimir Yanof allait produire un effet énorme, non seulement à Riga, mais dans toutes les provinces Baltiques. On voulut voir là une marque plus intentionnelle du gouvernement de se montrer favorable aux tendances antigermaniques. La population ouvrière y applaudit sans réserve. Chez la noblesse et la bourgeoisie, on blâma la clémence impériale qui, après Wladimir, semblait atteindre et couvrir Dimitri Nicolef. Certes, la généreuse conduite du fugitif, se livrant lui-même, méritait cette grâce, et, avec elle, sa complète réhabilitation, le recouvrement de tous ses droits civils dont une condamnation politique l’avait privé. Mais n’était-ce pas aussi comme une protestation contre les inculpations qui visaient le professeur, un citoyen jusqu’alors honorable et honoré, et désigné au choix du parti slave dans les prochaines élections ?…

C’est ainsi, du moins, que fut jugé l’acte de l’Empereur, et le général Gorko ne cacha point son opinion à ce sujet.

Wladimir Yanof quitta la forteresse de Riga en compagnie du colonel Raguenof, qui était venu lui communiquer l’ukase du tsar. Il se rendit aussitôt chez Dimitri Nicolef et, la nouvelle ayant été tenue secrète, Ilka et son père l’apprirent de sa bouche même.

De quels flots de joie et de reconnaissance fut inondée cette modeste maison, où le bonheur semblait enfin revenu !