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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/196

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un drame en livonie.

suite de l’interrogatoire, au moment où ses amis se retiraient, Dimitri Nicolef avait demandé s’il n’était pas arrivé une lettre pour lui.

Non… le facteur n’était porteur que du journal défenseur des intérêts slaves, qu’il déposait chaque soir.

Le lendemain, à l’heure de la distribution, le professeur, quittant son cabinet, vint attendre le facteur sur le seuil de la porte. En ce moment, le faubourg était encore désert, et seuls quelques agents se promenaient devant la maison.

Ilka, ayant entendu son père, le rejoignit sur le seuil.

« Tu guettes le facteur ?… demanda-t-elle.

— Oui, répondit Nicolef, il me semble qu’il tarde à venir ce matin…

— Non, mon père, il est encore de bonne heure, je t’assure… Le temps est un peu froid… Tu ferais mieux de rentrer… Tu attends une lettre ?…

— Oui… mon enfant. Mais il est inutile que tu restes ici, remonte dans ta chambre… »

Et on eût dit, à son attitude un peu embarrassée, que la présence d’Ilka lui causait quelque gêne.

En ce moment, le facteur parut. Il n’avait aucune lettre pour le professeur, et celui-ci ne put dissimuler une vive contrariété.

Le soir et le lendemain matin, Nicolef montra la même impatience lorsque le facteur passa devant la maison sans s’y arrêter.

De qui Dimitri Nicolef attendait-il une lettre, et quelle importance cette lettre avait-elle donc ?… Se rattachait-elle à ce voyage dont les circonstances étaient si déplorables ?… Il ne s’expliqua point à ce sujet.

Ce matin-là, dès huit heures, le docteur Hamine et M. Delaporte, arrivés en toute hâte, demandèrent à voir le frère et la sœur. Ils venaient les prévenir que l’enterrement de Poch allait