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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/180

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un drame en livonie.

— En effet, répondit Dimitri Nicolef, si ces constatations ont été faites, c’est au moins singulier… »

Puis il ajouta, comme un homme que cette affaire n’aurait pu concerner :

« Mais, en admettant que ces constatations autorisent à croire que le crime n’a pas été commis par un malfaiteur du dehors, elles ne prouvent pas que le crime n’a pas été commis après mon départ ?…

— Vous accuseriez donc l’aubergiste… contre lequel l’enquête n’a fourni aucune présomption ?…

— Je n’accuse personne, monsieur Kerstorf, répondit d’un ton encore plus hautain Dimitri Nicolef, et, ce que j’ai le droit de dire, c’est que je suis le dernier que la justice puisse soupçonner d’un pareil crime !…

— Cet assassinat a été suivi de vol, dit alors le major Verder, et les roubles que Poch allait verser à Revel pour le compte de MM. Johausen frères ont disparu de son portefeuille…

— Eh ! que me fait ?… »

Le juge intervint entre le professeur et le major Verder, en disant :

« Dimitri Nicolef, vous persistez à ne vouloir faire connaître ni le motif de votre voyage, ni pourquoi vous avez quitté l’auberge à quatre heures du matin, ni où vous êtes allé en la quittant ?…

— Je persiste.

— Eh bien, la justice sera fondée à dire : vous n’ignoriez pas que le garçon de banque était porteur d’une somme considérable… Après l’accident de la malle-poste, quand vous conduisiez Poch à l’auberge de la Croix-Rompue, l’idée du vol était venue à votre esprit… Lorsque le moment vous a paru favorable, vous êtes sorti de votre chambre par la fenêtre… vous avez pénétré dans celle de Poch par la fenêtre… vous l’avez assassiné pour le