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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/173

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interrogatoire.

cette intention, et vous êtes-vous immédiatement retiré dans votre chambre…

— Les choses se sont passées ainsi, répondit le professeur, non sans laisser voir que cette série de questions commençait à le fatiguer.

— Votre chambre était à gauche de la salle, où buvaient encore quelques clients de Kroff, et à l’extrémité de la maison…

— Je l’ignore, monsieur… Je vous répète que je ne connaissais pas ce cabaret où je mettais le pied pour la première fois… Et, de même qu’il faisait nuit lorsque j’y suis arrivé, il faisait nuit lorsque je l’ai quitté…

— Sans attendre le retour du conducteur, j’insiste sur ce point, fit observer M. Kerstorf, sans attendre le conducteur qui devait vous reprendre, après les réparations faites à la malle…

— Sans l’attendre, déclara M. Nicolef, puisque je n’avais plus à faire jusqu’à Pernau qu’une vingtaine de verstes…

— Soit ! Ce qui est acquis, c’est que cette idée vous était venue le soir même, et que vous l’avez mise à exécution dès quatre heures du matin. »

Dimitri Nicolef ne répondit pas.

« Maintenant, reprit M. Kerstorf, le moment me semble arrivé de vous poser une question à laquelle, sans doute, vous ne verrez aucun inconvénient à répondre…

— J’attends, monsieur…

— Quel a été le motif de votre voyage, un voyage qui paraît avoir été promptement et secrètement résolu, et dont la veille vous n’aviez même pas parlé à vos élèves qu’on a interrogés ?… »

À cette demande, M. Nicolef parut extrêmement troublé.

« Des affaires personnelles… dit-il enfin.

— Lesquelles ?…