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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/172

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un drame en livonie.

— Soit ! ce qui est certain, c’est que vous avez préféré y passer la nuit plutôt que de vous rendre à Pernau avec le conducteur et l’iemschick.

— En effet, il s’agissait d’une vingtaine de verstes à faire à pied par un temps épouvantable, et il m’a paru préférable de gagner cette auberge, accompagné du garçon de banque.

— C’est vous qui l’avez décidé à vous suivre ?…

— Je ne l’ai décidé à rien, répondit M. Nicolef. Blessé dans l’accident de la malle-poste — une contusion à la jambe, je crois — il n’aurait pas pu franchir la distance qui nous séparait de Pernau… Il est même très heureux pour lui que cette auberge…

— Très heureux !… » s’écria le major Verder, qui, ne possédant pas le sang-froid de l’impassible magistrat, bondit à ce mot.

Dimitri Nicolef, se retournant, ne put retenir un dédaigneux mouvement d’épaule.

M. Kerstorf, désireux de ne pas laisser l’interrogatoire s’écarter de la voie sur laquelle il l’avait engagé, se hâta de le reprendre par de nouvelles questions :

« Le conducteur et le postillon sont partis pour Pernau au moment où vous atteigniez le kabak de la Croix-Rompue ?…

— La Croix-Rompue ?… répéta M. Nicolef. J’ignorais que ce fût le nom de cette auberge.

— Lorsque vous y êtes arrivé avec Poch, vous avez été reçu par le cabaretier Kroff… Vous lui avez demandé une chambre, et Poch lui a fait la même demande… Kroff vous a offert à souper, et vous avez refusé, tandis que le garçon de banque acceptait…

— Cela me convenait mieux, en effet.

— Ce qui vous convenait mieux, monsieur Nicolef, c’était de repartir le lendemain avant le jour et sans attendre le retour du conducteur… Aussi, avez-vous prévenu l’aubergiste Kroff de