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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/168

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un drame en livonie.

der pour avoir quelques renseignements sur une affaire dont l’enquête m’a été confiée…

— De quoi s’agit-il, monsieur ?… répondit Dimitri Nicolef.

— Veuillez vous asseoir, et écoutez-moi. »

Le professeur prit une chaise en face du bureau derrière lequel était placé le fauteuil du juge, tandis que le major restait debout près de la fenêtre. L’entretien se transforma aussitôt en interrogatoire.

« Monsieur Nicolef, dit le juge, ne soyez pas surpris si les questions que je vais vous poser ont rapport à votre personne, si elles visent des faits de votre vie privée… Il est nécessaire que vous y répondiez sans détour, dans l’intérêt de l’affaire elle-même comme dans le vôtre. »

M. Nicolef, regardant le juge plus qu’il ne l’écoutait, resta quelques instants sans répondre, se bornant à une simple inclination de tête, les bras croisés.

M. Kerstof avait sous les yeux les procès-verbaux de l’enquête. Il les disposa sur la table, et, de sa voix calme et grave :

« Monsieur Nicolef, demanda-t-il, vous venez de faire une absence de quelques jours ?…

— En effet, monsieur.

— Quand avez-vous quitté Riga ?…

— Le 13 courant, dès l’aube.

— Vous êtes revenu ?…

— Cette nuit, vers une heure du matin.

— Vous étiez parti seul ?…

— Seul.

— Et vous êtes revenu seul ?…

— Seul.

— Pour aller, vous étiez monté dans la malle-poste de Revel ?…

— Oui… répondit M. Nicolef non sans une certaine hésitation.