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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/161

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dénonciation

ce protégé du gouvernement moscovite, ce serait l’assassin du malheureux Poch !…

« Tu affirmes ?… répéta-t-il en s’arrêtant devant Eck.

— J’affirme.

— Dimitri Nicolef avait donc quitté Riga ?…

— Oui… cette nuit-là, du moins… Il est, d’ailleurs, facile de vérifier le fait…

— Je vais envoyer un agent à son domicile, répondit le major, et je ferai prévenir M. Frank Johausen de passer à mon cabinet… Toi, reste ici…

À vos ordres, monsieur le major. »

Celui-ci donna ses instructions à deux des agents du poste, qui partirent aussitôt.

Dix minutes après, M. Frank Johausen était en présence du major, et, devant lui, le brigadier Eck répétait sa déposition.

On peut juger, sans qu’il soit nécessaire d’y insister, des sentiments qui s’agitèrent dans l’âme vindicative du banquier. Enfin la plus inattendue des éventualités, un crime, un assassinat lui livrait ce rival qu’il poursuivait de sa haine !… Dimitri Nicolef… meurtrier de Poch !…

« Tu affirmes ?… demanda une dernière fois le major en se retournant vers le brigadier.

— J’affirme ! prononça Eck d’une voix qui dénotait l’absolue certitude.

— Mais… s’il n’a pas quitté Riga ? dit à son tour M. Frank Johausen.

— Il l’a quitté, déclara Eck. Pendant la nuit du 13 au 14, il n’était pas dans sa maison… puisque je l’ai vu… de mes yeux vu… et reconnu…

— Attendons le retour de l’agent que j’ai envoyé au domicile de Dimitri Nicolef, ajouta le major Verder, il sera ici dans quelques minutes. »