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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/153

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dénonciation

départ de la malle, ni du cabaretier Kroff, qui l’avait hébergé dans son kabak ?… Ni l’un ni l’autre n’ayant aperçu son visage, ils ne pouvaient dire s’il était jeune ou vieux. En ces conditions, sur quelle piste lancer les agents ?… De quel côté diriger les recherches ?… De quels nouveaux témoins l’instruction attendrait-elle une révélation qui lui permît d’agir avec quelque chance de succès ?…

C’était l’obscurité complète.

On verra bientôt comment cette obscurité fut soudainement illuminée d’une lueur, comment cette nuit devint le jour.

Ce matin-là, après avoir rédigé son rapport médico-légal sur l’Affaire de la Croix-Rompue, le docteur Hamine était allé le porter au cabinet de M. Kerstorf.

« Aucun nouvel indice ?… demanda-t-il au magistrat.

— Aucun, docteur. »

En quittant le cabinet du juge, le docteur Hamine rencontra le consul de France, M. Delaporte. Chemin faisant, il lui parla de l’affaire et des difficultés qu’elle présentait.

« En effet, répondit le consul, et, s’il paraît certain que ce voyageur est l’auteur du crime, il est au moins douteux que l’on parvienne à le découvrir… Vous attachez, docteur, une grande importance à cette constatation que le coup a été porté avec un couteau dont la virole a laissé une empreinte autour de la blessure ?… Soit !… Mais de là à retrouver ce couteau…

— Qui sait ?… répondit le docteur Hamine.

— Nous verrons bien, dit M. Delaporte. À propos, avez-vous des nouvelles de M. Nicolef ?

— Des nouvelles de Dimitri ?… demanda le docteur. Et comment en aurais-je, puisqu’il est en voyage ?…

— En effet, répondit le consul, et depuis trois jours !… Et c’est singulier, plus j’y réfléchis…

— Oui… observa le docteur Hamine.