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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/151

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dénonciation

la découverte, dans ladite chambre, du tisonnier qui a servi à forcer les contrevents, nous n’avions plus de doute sur l’auteur du crime.

— Il sera bon, cependant, de surveiller ce Kroff…

— Assurément, mon colonel. Aussi deux de mes agents gardent-ils la maison, et le cabaretier doit se tenir à la disposition de la justice.

— Ainsi, reprit le colonel Raguenof en insistant, vous n’attribuez même pas ce meurtre à quelque malfaiteur du dehors, qui aurait pu pénétrer dans la chambre de la victime ?…

— Je ne veux pas être trop affirmatif, répondit le major, mais il m’est difficile de l’admettre, tant les présomptions se changent en certitudes, lorsqu’on les applique au compagnon de Poch.

— Je vois que votre conviction est faite, major Verder…

— Ma conviction, comme celle du juge Kerstorf, du docteur Hamine et de M. Johausen… Vous remarquerez que ce voyageur a toujours cherché à ne point être reconnu, aussi bien lorsqu’il est arrivé au kabak qu’au moment où il en est parti…

— Et il n’a pas dit où il allait en sortant de l’auberge de la Croix-Rompue ?…

— Non, mon colonel.

— Ne peut-on supposer que son intention était, en quittant Riga, de se rendre à Pernau ?…

— Hypothèse très plausible, mon colonel, bien qu’il eût retenu sa place jusqu’à Revel.

— Aucun étranger n’a été vu à Pernau pendant les journées du 14 et du 15 ?…

— Aucun, affirma le major Verder, et pourtant la police était en éveil, l’assassinat lui ayant été signalé le jour même… Où est allé ce voyageur ?… A-t-il gagné Pernau ?… Ne s’est-il pas enfui hors des provinces Baltiques, avec le produit de son vol ?…