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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/147

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IX

dénonciation


Voici ce qui s’était passé la journée précédente à Riga, où le juge Kerstorf, le major Verder, le docteur Hamine et M. Frank Johausen étaient rentrés dans la nuit du 15 au 16 avril.

Douze heures auparavant, dès le matin, s’était répandue la nouvelle du crime commis au kabak de la Croix-Rompue. En même temps que l’assassinat on apprenait le nom de la victime, Poch, le garçon de banque.

Cet infortuné était très connu de toute la ville. Chaque jour on le rencontrait, lorsque, la sacoche pendue à son épaule, sous le bras le portefeuille retenu à sa ceinture par une chaînette de cuivre, il allait faire les recouvrements pour la maison Johausen frères. Homme bon et serviable, d’heureuse et belle humeur, très aimé et estimé, il n’avait que des amis, pas un ennemi. À la veille d’épouser Zénaïde Parensof, après une si longue attente, grâce à son travail, à sa conduite, à la régularité de son existence, à la sympathie qu’il inspirait, ses économies lui permettaient, en les joignant à celles de sa femme, d’assurer leur avenir. Le surlendemain, les futurs devaient se trouver en présence du pasteur protestant qui célébrerait leur union. Il y aurait une fête de famille à laquelle se joindraient les collègues des autres banques, afin de prendre joyeuse part à la cérémonie nuptiale. On ne doutait pas que MM. Johausen frères voulussent l’honorer de leur présence. Les préparatifs étaient