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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/129

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à l’université de dorpat.

— Je réclame le prix d’excellence pour les jambons crus, déclara un troisième, et les jambons rôtis, et les « pourogens »… Que je meure à l’instant si l’on a jamais mangé de meilleurs gâteaux à la viande !… Je te les recommande particulièrement, mon cher Karl…

— Bien, répondit l’étudiant auquel son camarade venait de donner ce prénom. Grâce à toutes ces bonnes choses, nous célébrerons dignement la fête de l’Université… Mais, à une condition, c’est que cette fête ne soit pas troublée par la présence de ces Slavo-moscovito-russes…

— Non !… s’écria Siegfried, pas un de ceux qui commencent à porter trop haut la tête…

— Et auxquels nous saurons la rabaisser au niveau du ventre ! répondit Karl. Et qu’il prenne garde à lui, celui qu’ils veulent reconnaître pour chef, ce Jean, que je me promets de remettre à sa place, s’il continue à prétendre se hausser à la nôtre !… Un de ces jours, je le prévois, nous aurons quelque affaire ensemble, et je ne voudrais pas avoir quitté l’Université sans l’avoir réduit à s’humilier devant ces Germains qu’il dédaigne…

— Lui et son grand ami Gospodin ! ajouta Siegfried, en tendant son poing vers le fond de la cour.

— Gospodin comme tous ceux qui ont la pensée de devenir nos maîtres !… s’écria Karl. Ils verront si l’on a si facilement raison de la race germaine !… Slave, cela signifie esclave, et nous mettrons ces deux rimes-là au bout des vers de notre hymne livonien, et nous le leur ferons chanter…

— Chanter en mesure, en langue allemande ! » répliqua Siegfried, tandis que ses compagnons poussaient un « hoch » formidable.

On le voit, si ces jeunes gens avaient bien fait les choses pour le repas du festival projeté, ils pensaient faire mieux encore en provoquant un conflit, peut-être même une querelle avec les étu-