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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/124

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un drame en livonie.

postillons qui changeaient à chaque relais ont pu voir son portefeuille, et je lui en ai même fait l’observation. »

Interrogé sur ce voyageur qui avait pris la malle-poste au départ de Riga :

« Je ne le connais pas, répondit Broks, et il m’a été impossible d’apercevoir son visage.

— Il est arrivé au moment où la malle allait partir ?…

— Quelques minutes avant.

— Il n’avait point retenu sa place d’avance ?…

— Non, monsieur le juge.

— Allait-il jusqu’à Revel ?…

— Il avait payé sa place jusqu’à Revel, voilà du moins tout ce que je puis dire.

— N’était-il pas convenu que vous viendriez le lendemain faire réparer la voiture ?…

— Oui, monsieur le juge, comme il était convenu que Poch et son compagnon y reprendraient leur place.

— Et, cependant, le lendemain, dès quatre heures du matin, ce voyageur quittait la Croix-Rompue ?…

— Aussi, ai-je été surpris, monsieur le juge, lorsque Kroff m’a dit que cet individu n’était plus à l’auberge…

— Et qu’en avez-vous conclu ?… demanda M. Kerstorf.

— J’en ai conclu que son intention était de s’arrêter à Pernau, et, comme il n’avait à faire qu’une douzaine de verstes, il se sera décidé à les faire à pied.

— Si telle était son intention, fit observer le magistrat, il est singulier qu’il ne se soit pas rendu à Pernau le soir même, après l’accident de la voiture…

— En effet, monsieur le juge, répondit Broks, et c’est la réflexion que je me suis faite. »

L’interrogatoire du conducteur ne tarda pas à prendre fin, et Broks eut la permission de quitter la salle.