Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/120

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
108
un drame en livonie.

— Et l’autre voyageur ?

— L’autre voyageur, répondit Kroff, s’était contenté de demander une chambre sans vouloir prendre part au souper de Poch. Au moment où il se retirait, il me prévint qu’il n’attendrait pas le retour du conducteur, et repartirait le lendemain, dès quatre heures du matin…

— Vous n’avez pas su quel était ce voyageur ?…

— Non, monsieur le juge, et le pauvre Poch ne le savait pas non plus… Tout en soupant, il m’a parlé de son compagnon, qui n’avait pas prononcé dix paroles pendant la route, se refusant à converser, la tête toujours sous son capuchon, un peu comme quelqu’un qui désire ne point être reconnu… Moi-même je n’ai pu voir sa figure, et il me serait absolument impossible de fournir son signalement.

— Y avait-il d’autres personnes à la Croix-Rompue lorsque ces deux voyageurs y sont arrivés ?…

— Une demi-douzaine de paysans et de bûcherons des alentours, et aussi le brigadier de police Eck avec un de ses hommes…

— Ah ! fit M. Johausen, le brigadier Eck !… Mais ne connaissait-il pas Poch ?…

— En effet, ils ont causé tous les deux, pendant le souper…

— Et tout ce monde est parti ?… demanda le juge.

— Vers huit heures et demie environ, répondit Kroff. J’ai alors fermé la porte de la salle à clef, après avoir assujetti les barres à l’intérieur.

— Ainsi, on ne pouvait plus l’ouvrir du dehors ?…

— Non, monsieur le juge.

— Ni du dedans, si on n’avait pas la clef ?…

— Pas davantage.

— Et, le matin, vous l’avez retrouvée dans le même état ?…

— Dans le même état. Il était quatre heures, lorsque le voya-