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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/103

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slaves et germains.

Le major lut la fiche.

« Oh ! pas grand-chose… dit-il.

— Hum ! fit Trankel.

— Vingt-cinq coups seulement ! »

Évidemment, Trankel eût préféré en être quitte pour une douzaine.

« Eh bien, dit le major, on va te servir cela sans te faire attendre ! »

Et il appela un des agents.

Celui-ci entra et resta fixe, militairement.

« Vingt-cinq coups de verge, ordonna le major, mais pas trop dur… comme pour un ami. Ah ! si c’était un Slave !… Va, Trankel, déshabille-toi, et, quand ce sera terminé, tu reviendras chercher ton reçu…

— Merci, monsieur le major ! »

Et, quittant le cabinet, Trankel suivit l’agent vers la chambre où l’exécution devait s’accomplir.

On le traiterait en ami, en habitué de la maison, il n’aurait pas trop à se plaindre.

Alors, Trankel se dévêtit, de manière à mettre son torse à nu, puis il se courba et tendit le dos, tandis que l’agent, une verge à la main, s’apprêtait à la brandir.

Mais, au moment où le premier des vingt-cinq coups allait être appliqué, un grand tumulte se produisit devant la porte du bureau de police.

Un homme, tout haletant d’une course rapide, s’écria :

« Le major Verder !… Le major Verder ! »

La verge levée sur le dos de Trankel s’était arrêtée, et l’agent avait ouvert la porte de la chambre pour voir ce qui se passait. Trankel, non moins intéressé, n’avait rien de mieux à faire qu’à regarder.