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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/36

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un capitaine de quinze ans.

« Les malheureux ! s’écria Mrs. Weldon, en apercevant ces pauvres gens, qui n’étaient plus que des corps inertes.

— Ils vivent, mistress Weldon ! Nous les sauverons ! Oui ! nous les sauverons ! s’écria Dick Sand.

— Que leur est-il donc arrivé ? demanda cousin Bénédict.

— Attendez qu’ils puissent parler, répondit le capitaine Hull, et ils nous raconteront leur histoire. Mais, avant tout, faisons-leur boire un peu d’eau, à laquelle nous mêlerons quelques gouttes de rhum. »

Puis, se retournant :

« Negoro ! » cria-t-il.

À ce nom, le chien se dressa comme s’il eût été en arrêt, le poil hérissé, la gueule ouverte.

Cependant, le cuisinier ne paraissait pas.

« Negoro ! » répéta le capitaine Hull. Le chien donna de nouveau des signes d’une extrême fureur.

Negoro quitta la cuisine.

À peine se fut-il montré sur le pont, que le chien se précipita sur lui et voulut lui sauter à la gorge.

D’un coup du poker dont il s’était armé, le cuisinier repoussa l’animal, que quelques matelots parvinrent à contenir.

« Est-ce que vous connaissez ce chien ? demanda le capitaine Hull au maître-coq.

— Moi ! répondit Negoro. Je ne l’ai jamais vu !

— Voilà qui est singulier ! » murmura Dick Sand.



CHAPITRE IV

Les survivants du « waldeck »


La traite se fait encore sur une grande échelle dans toute l’Afrique équinoxiale. Malgré les croisières anglaises et françaises, des navires, chargés d’esclaves, quittent chaque année les côtes d’Angola ou de Mozambique pour transporter des nègres en divers points du monde, et, il faut même le dire, du monde civilisé.