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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/352

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un capitaine de quinze ans.

buisson qui cachaient la berge, était amarrée une pirogue, recouverte d’une sorte de chaume. Le mgannga y descendit son double fardeau, repoussa du pied l’embarcation que le courant entraîna rapidement, et alors, d’une voix bien nette : « Mon capitaine, dit-il, mistress Weldon et le petit Jack que je vous présente ! En route, et que tous les nuages du ciel crèvent maintenant sur ces idiots de Kazonndé ! »


CHAPITRE XVII

à la dérive.


C’était Hercule, méconnaissable sous son attifement de magicien, qui parlait ainsi, et c’était à Dick Sand qu’il s’adressait, — à Dick Sand, assez faible encore pour avoir besoin de s’appuyer sur le cousin Bénédict, près duquel Dingo était couché.

Mrs. Weldon, qui avait repris connaissance, ne put que prononcer ces mots :

« Toi ! Dick ! toi ! »

Le jeune novice se releva, mais déjà Mrs. Weldon le pressait dans ses bras, et Jack lui prodiguait ses caresses.

« Mon ami Dick ! mon ami Dick ! » répétait le petit garçon.

Puis, se retournant vers Hercule :

« Et moi, ajouta-t-il, qui ne t’ai pas reconnu !

— Hein ! quel déguisement ! répondit Hercule, en se frottant la poitrine pour en effacer les bigarrures qui la zébraient.

— Tu étais trop vilain ! dit le petit Jack.

— Dame ! j’étais le diable, et le diable n’est pas beau !

— Hercule ! dit Mrs. Weldon, en tendant sa main au brave noir.

— Il vous a délivrée, ajouta Dick Sand, comme il m’a sauvé, bien qu’il ne veuille pas en convenir.

— Sauvés ! sauvés ! Nous ne le sommes pas encore ! répondit Hercule ! Et, d’ailleurs, sans monsieur Bénédict qui est venu nous apprendre où vous étiez, mistress Weldon, nous n’aurions rien pu faire ! »