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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/344

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un capitaine de quinze ans.

vue des circonstances venait de le rendre à la liberté. Il ne songeait pas que cette taupinière, dans laquelle il s’était engagé, lui avait ouvert une issue, et qu’il venait de quitter l’établissement d’Alvez. La forêt était là, et sous les arbres, sa manticore envolée ! À tout prix, il voulait la ravoir.

Le voilà donc courant à travers cette épaisse forêt, n’ayant plus même conscience de ce qu’il faisait, s’imaginant toujours voir le précieux insecte, battant l’air de ses grands bras comme un gigantesque faucheux ! Où il allait, comment il reviendrait, et s’il reviendrait, il ne se le demandait même pas, et, pendant un bon mille, il s’enfonça ainsi, au risque d’être rencontré par quelque indigène ou attaqué par quelque fauve.

Soudain, comme il passait près d’un hallier, un être gigantesque bondit et s’abattit sur lui. Puis, comme cousin Bénédict eût fait de la manticore, cet être le saisit d’une main à la nuque, de l’autre au bas du dos, et, sans avoir eu le temps de se reconnaître, il fut emporté à travers la futaie.

Vraiment, cousin Bénédict avait perdu ce jour-là une belle occasion de pouvoir se proclamer le plus heureux entomologiste des cinq parties du monde !


CHAPITRE XVI

un mgannga


Lorsque Mrs. Weldon, dans cette journée du 17, ne vit pas reparaître cousin Bénédict à l’heure accoutumée, elle fut prise de la plus vive inquiétude. Ce qu’était devenu son grand enfant, elle ne pouvait se l’imaginer. Qu’il fût parvenu à s’échapper de la factorerie, dont l’enceinte était absolument infranchissable, ce n’était pas admissible. D’ailleurs, Mrs. Weldon connaissait son cousin. On eût proposé à cet original de s’enfuir, en abandonnant sa boîte de fer-blanc et sa collection d’insectes africains, qu’il aurait refusé sans l’ombre d’une hésitation. Or, la boîte était là, dans la hutte, intacte, contenant tout ce que le savant avait pu recueillir depuis son arrivée sur le continent. Supposer qu’il s’était volontairement séparé de ses trésors entomologiques, c’était inadmissible.