Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/286

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
276
un capitaine de quinze ans.

« Eh ! voilà mon jeune ami, si je ne me trompe ! Enchanté de le revoir ! »

Dick Sand se retourna.

Harris était devant lui.

« Où est mistress Weldon ? s’écria Dick Sand en marchant sur l’Américain.

— Hélas ! répondit Harris, en affectant une pitié qu’il ne ressentait pas, la pauvre mère ! Comment aurait-elle pu survivre…

— Morte ! s’écria Dick Sand. Et son enfant ?…

— Le pauvre bébé ! répondit Harris sur le même ton, comment de telles fatigues ne l’auraient-elles pas tué !… »

Ainsi, tout ce qu’aimait Dick Sand n’était plus ! Que se passa-t-il en lui ? Un irrésistible mouvement de colère, un besoin de vengeance qu’il lui fallut assouvir à tout prix !

Dick Sand bondit sur Harris, saisit un coutelas à la ceinture de l’Américain, et il le lui enfonça dans le cœur.

« Malédiction !… » s’écria Harris en tombant.

Harris était mort.


CHAPITRE X

un jour de grand marché.


Le mouvement de Dick Sand avait été si prompt, qu’on n’eût pu l’arrêter. Quelques indigènes se jetèrent sur lui, et il allait être massacré, lorsque Negoro parut.

Un signe du Portugais écarta les indigènes, qui relevèrent et emportèrent le cadavre d’Harris. Alvez et Coïmbra réclamaient la mort immédiate de Dick Sand ; mais Negoro leur dit à voix basse qu’ils ne perdraient rien pour attendre, et ordre fut donné d’emmener le jeune novice, avec recommandation de ne pas le perdre de vue un instant.

Dick Sand venait enfin de revoir Negoro, et pour la première fois, depuis leur départ du littoral. Il savait que ce misérable était seul coupable de la catastrophe du Pilgrim ! Il devait le haïr plus encore que son complice. Et cependant, après