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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/245

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leçon sur les fourmis dans une fourmilière.

bien qu’une marche de cent milles dans cette inhospitalière contrée, au milieu de dangers incessants, n’était plus possible !

« Heureusement, se disait-il, mistress Weldon, tous ignorent la gravité de la situation ! Le vieux Tom et moi, nous sommes seuls à savoir que Negoro nous a jetés à la côte d’Afrique, et qu’Harris nous a entraînés dans les profondeurs de l’Angola ! »

Dick Sand en était là de ses accablantes pensées, lorsqu’il sentit comme un souffle passer sur son front. Une main s’appuya sur son épaule, et une voix émue murmura ces mots à son oreille :

« Je sais tout, mon pauvre Dick, mais Dieu peut encore nous sauver ! Que sa volonté soit faite ! »


CHAPITRE VI

la cloche à plongeurs


À cette révélation inattendue, Dick Sand n’aurait pu répondre ! D’ailleurs, Mrs. Weldon avait aussitôt regagné sa place près du petit Jack. Elle n’en voulait évidemment pas dire davantage, et le jeune novice n’aurait pas eu le courage de la retenir.

Ainsi Mrs. Weldon savait à quoi s’en tenir. Les divers incidents de la route l’avaient éclairée, elle aussi, et peut-être ce mot : « Afrique !… » si malheureusement prononcé la veille par cousin Bénédict !

« Mistress Weldon sait tout, se répéta Dick Sand. Eh bien, mieux vaut peut-être qu’il en soit ainsi ! La courageuse femme ne désespère pas ! Je ne désespérerai pas non plus ! »

Il tardait maintenant à Dick Sand que le jour revînt, et qu’il fût à même d’explorer les environs de ce village de termites. Une rivière tributaire de l’Atlantique, et son cours rapide, voilà ce qu’il lui fallait trouver pour transporter toute sa petite troupe, et il avait comme un pressentiment que ce cours d’eau ne devait pas être éloigné. Ce qu’il fallait surtout, c’était éviter la rencontre