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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/184

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un capitaine de quinze ans.

« Mais qu’est-ce donc ? demanda Mrs. Weldon.

— Un diptère, cousine, un fameux diptère ! »

Et le cousin Bénédict montra une mouche plus petite qu’une abeille, de couleur terne, rayée de jaune à la partie inférieure de son corps.

« Elle n’est pas venimeuse, cette mouche ? demanda Mrs. Weldon.

— Non, cousine, non, du moins pour l’homme. Mais pour les animaux, pour des antilopes, pour des buffles, même pour des éléphants, c’est autre chose ! Ah ! l’adorable insecte !

— Enfin, demanda Dick Sand, nous direz-vous, monsieur Bénédict, quelle est cette mouche ?

— Cette mouche, répondit l’entomologiste, cette mouche, que je tiens entre mes doigts, cette mouche !… c’est une tsé-tsé ! C’est ce fameux diptère qui est l’honneur d’un pays, et, jusqu’ici, on n’a jamais encore trouvé de tsé-tsé en Amérique ! »

Dick Sand n’osa pas demander au cousin Bénédict en quelle partie du monde se rencontrait uniquement cette redoutable tsé-tsé !

Et lorsque ses compagnons, après cet incident, eurent repris leur sommeil interrompu, Dick Sand, malgré la fatigue qui l’accablait, ne ferma plus l’œil de toute la nuit !


CHAPITRE XVIII

Le mot terrible !


Il était temps d’arriver. Une extrême lassitude mettait Mrs. Weldon dans l’impossibilité de poursuivre plus longtemps un voyage fait dans de si pénibles conditions. Son petit garçon, très rouge pendant les accès de fièvre, très pâle pendant les intermittences, faisait peine à voir. Sa mère, extrêmement inquiète, n’avait pas voulu abandonner Jack, même aux soins de la bonne Nan. Elle le tenait à demi couché dans ses bras.

Oui ! il était temps d’arriver ! Mais, à s’en rapporter à l’Américain, le soir même de ce jour qui se levait, le soir de ce 18 avril, la petite troupe serait enfin à l’abri dans l’hacienda de San-Felice.