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Page:Verne - Un capitaine de quinze ans, Hetzel, 1878.djvu/113

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tempête.

Bien que sa voilure fût alors extrêmement réduite, le Pilgrim n’en continua pas moins de marcher avec une vitesse excessive.

Le 12, le temps prit encore une plus mauvaise apparence. Ce jour-là, dès l’aube, Dick Sand ne vit pas sans effroi le baromètre tomber à vingt-sept pouces neuf dixièmes[1].

C’était une véritable tempête qui se déclarait, et telle que le Pilgrim ne pouvait porter même le peu de toile qui lui restait.

Dick Sand, voyant que son hunier allait être déchiré, donna l’ordre de le serrer.

Mais ce fut en vain. Une rafale plus violente s’abattit en ce moment sur le navire et arracha la voile. Austin, qui se trouvait sur la vergue du petit hunier, fut frappé par l’écoute de bâbord. Blessé, mais assez légèrement, il put redescendre sur le pont.

Dick Sand, extrêmement inquiet, n’avait plus qu’une pensée : c’est que le navire, poussé avec une telle furie, allait se briser d’un instant à l’autre, car, suivant son estime, les écueils du littoral ne pouvaient être éloignés. Il retourna donc sur l’avant, mais il ne vit rien qui eût l’apparence d’une terre et revint au gouvernail.

Un instant après, Negoro monta sur le pont. Là, soudain, comme malgré lui, son bras se tendit vers un point de l’horizon. On eût dit qu’il reconnaissait quelque haute terre dans les brumes !…

Encore une fois, il sourit méchamment, et, sans rien dire de ce qu’il avait pu voir, il revint à son poste.


CHAPITRE XII

à l’horizon.


À cette date, la tempête prit sa forme la plus terrible, celle de l’ouragan. Le vent avait halé le sud-ouest. L’air se déplaçait avec une vitesse de quatre-vingt-dix milles[2] à l’heure.

C’était bien un ouragan, en effet, un de ces coups de vent terribles, qui jettent à la côte tous les navires d’une rade, et auxquels, même à terre, les construc-

  1. 709 millimètres.
  2. Environ 166 kilomètres.