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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/70

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limerick.

Grip, se jetant à son tour, roula presque asphyxié au pied d’un pan de muraille, qui s’abattit d’un bloc.

Alors la voyageuse s’avançant vers l’homme qui tenait P’tit-Bonhomme, lui demanda d’une voix tremblante d’émotion :

« À qui est cette innocente créature ?…

À personne !… Ce n’est qu’un enfant trouvé… lui répondit cet homme.

— Eh bien… il est à moi… à moi !… s’écria-t-elle en le prenant, en le serrant sur sa poitrine.

— Madame… fit observer la femme de chambre.

— Tais-toi… Élisa… tais-toi !… C’est un ange qui m’est tombé du ciel ! »

Comme l’ange n’avait ni parents ni famille, autant valait le laisser aux mains de cette belle dame, douée d’un cœur si généreux, et ce furent des hurrahs qui la saluèrent, au moment où s’écroulaient, au milieu d’une gerbe de flammeroles, les derniers restes de la ragged-school.



VI

limerick.


Quelle était cette femme charitable, qui venait d’entrer en scène de cette façon quelque peu mélodramatique ? On l’aurait vue se précipitant au milieu des flammes, sacrifiant sa vie pour arracher cette frêle victime à la mort, que personne ne s’en fût étonné, tant elle y mettait de conviction scénique. En vérité, il eût été sien, cet enfant, qu’elle ne l’aurait pas entouré plus étroitement de ses bras,