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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/407

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p’tit-bonhomme.


XII

comme on se retrouve


« Les personnes qui seraient en possession de renseignements quelconques sur la famille Martin Mac Carthy, anciens tenanciers de la ferme de Kerwan, comté de Kerry, paroisse de Silton, sont instamment priées de les transmettre à Little Boy and Co, Bedfort Street, Dublin. »

Si notre héros put lire cette information dans la Gazette de Dublin, à la date du 3 avril de l’année 1884, c’est que c’était lui-même qui l’avait rédigée, portée au journal, et payée deux shillings la ligne. Le lendemain, d’autres feuilles la reproduisirent au même prix. Dans sa pensée, impossible d’employer une demi-guinée à un meilleur usage. Oublier cette honnête et malheureuse famille, Martin et Martine

Mac Carthy, Murdock, Kitty et leur fillette, Pat et Sim, est-ce que cela eût été admissible de la part de celui dont ils avaient fait leur enfant adoptif ? Il était de son devoir de tout tenter pour les retrouver, pour leur venir en aide, et quelle joie déborderait de son âme, si jamais il leur rendait en bonheur ce qu’il avait reçu d’eux en affection !

Où ces braves gens étaient-ils allés chercher un abri après la destruction de la ferme ? Étaient-ils restés en Irlande, gagnant péniblement leur pain au jour le jour ? Afin d’échapper aux poursuites, Murdock avait-il pris passage à bord d’un navire d’émigrants, et son père, sa mère, ses deux frères, partageaient-ils son exil en quelque lointaine contrée, Australie ou Amérique ? Pat naviguait-il encore ?