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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/373

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tion de la nature humaine, P’tit-Bonhomme aurait-il dû réfléchir à ceci : c’est que ce sot et vaniteux garçon se garderait bien d’ébruiter une aventure, dont il n’aurait eu qu’à rougir. Mais, n’étant point rassuré à cet égard, il régla sa dépense, il attela Birk à la charrette, vide alors de marchandises, et, avant huit heures du matin, Bob et lui avaient quitté Bray.

Le soir même, très tard, nos jeunes voyageurs arrivèrent à Dublin, après un parcours de deux cent cinquante milles environ, accompli en un laps de trois mois depuis leur départ de Cork.




X

à dublin.


Dublin !… P’tit-Bonhomme est à Dublin !… Regardez-le !… C’est l’acteur qui aborde les grands rôles, et passe d’un théâtre de bourgade au théâtre d’une grande cité.

Dublin, ce n’est plus un modeste chef-lieu de comté, ce n’est pas Limerick avec ses quarante-cinq mille habitants, ni Cork avec ses quatre-vingt-six mille. C’est une capitale — la capitale de l’Irlande — qui possède une population de trois cent vingt mille âmes. Administrée par un lord-maire, gouverneur à la fois militaire et civil, qui est le second fonctionnaire de l’île, assisté de vingt-quatre aldermen, de deux shérifs et de cent quarante-quatre conseillers, Dublin compte parmi les villes importantes des Îles-Britanniques. Commerçante avec ses docks, industrielle avec ses fabriques, savante avec son université et ses académies, pourquoi faut-il que les work-houses soient encore insuffisants pour ses pauvres, et les ragged-schools pour ses déguenillés ?