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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/327

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p’tit-bonhomme.

« Tu n’es pas trop fatigué, mon boy ? demanda P’tit-Bonhomme,

— Non… Ça va.. ça va !… » répondit l’enfant.

Et, après un nouveau repas qui leur redonna des forces, tous les deux continuèrent l’étape.

À six heures, ils atteignaient à l’entrée de l’un des faubourgs de la ville. Un hôtelier leur offrit un lit, et, l’un dans les bras de l’autre, ils s’endormirent.




VII

sept mois à cork


Était-ce à Cork, dans cette capitale de la province du Munster, que P’tit-Bonhomme commencerait sa fortune ? Placée au troisième rang en Irlande, cette ville est commerçante, elle est industrielle, elle est littéraire aussi. Or, lettres, industrie, commerce, en quoi ces trois champs ouverts à l’activité humaine pourraient-ils servir aux débuts d’un garçon de onze ans ? N’était-il arrivé là que pour grossir le nombre de ces misérables qui fourmillent au milieu des cités maritimes du Royaume-Uni ?

P’tit-Bonhomme avait voulu venir à Cork, il était à Cork, dans des conditions, il est vrai, peu favorables à la réalisation de ses projets d’avenir. Autrefois, lorsqu’il rôdait sur les plages de Galway, lorsque Pat Mac Carthy lui déroulait le récit de ses voyages, sa jeune imagination s’enflammait pour les choses du commerce. Acheter des cargaisons dans les autres pays, les revendre dans le sien… quel rêve ! Mais il avait réfléchi depuis son départ de Trelingar Castle. Pour que l’enfant de la maison de charité de Donegal pût devenir le comman-